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30 mars 2018

Le secteur de tous les contrastes

paru dans Le Journal du Domicile

Comment l’expliquer ? D’un côté, un grand nombre d’acteurs, en particulier associatifs se plaignent du sous-financement chronique du secteur qui freine son développement et sa professionnalisation, et met en danger la santé financière de ses structures. D’un autre côté, jamais autant de grands groupes n’ont investi dans l’aide à domicile. Mais pourquoi donc, en contradiction avec tous les principes économiques, des entreprises iraient là où il n’y a pas ou peu de profit ?

A partir du moment où le métier exercé n’est pas fondamentalement différent, puisqu’on trouve souvent des intervenants et des encadrants qui passent d’un type de structure à un autre, il reste deux grandes d’explications à ce paradoxe apparent. La première est d’ordre organisationnel et juridique, la seconde est d’ordre stratégique et politique, les deux ont des dimensions économiques majeures.

Sur le plan organisationnel, le développement en réseau des entreprises avec mutualisation des fonctions supports est de nature à minimiser les coûts. Sur le plan juridique, la convention collective des entreprises est relativement moins exigeante que celles des associations et peut aussi expliquer en partie les écarts de coûts, et donc favoriser la viabilité économique de l’entreprise. Quelques autres considérations sur les fonctions gestionnaires, sur les différences culturelles, sur le lien avec les pouvoirs publics locaux, ou encore sur la présence ou non de bénévoles peuvent être avancées pour expliquer toute une série de différences, mais tout cela ne permet pas de comprendre l’ampleur de ce qui se joue.

Car il faut aussi s’interroger sur les stratégies des acteurs. Les grands groupes qui investissent aujourd’hui dans le domicile le font en partant d’une autre activité et considèrent l’aide à domicile comme une activité complémentaire de leur activité d’origine : l’hébergement en établissement pour les groupes d’EHPAD (Colisée, DomusVi, Orpea avec Adhap et Domidom ou encore le groupe multi- activités Doctegestio avec l’AMAPA) ; le service à la personne pour un groupe comme O2 qui investit de plus en plus dans la dépendance, avec la création toute récente de Silver Alliance ; le courrier et la proximité territoriale pour La Poste, actionnaire majoritaire d’Axeo depuis 2016 et qui développe aussi en propre des services aux personnes âgées. Or, ce n’est pas du tout la même chose en termes de projets, ni en termes de prise de risques, d’avoir l’aide à domicile dans un portefeuille d’activités, dont d’autres plus rentables, mais où toutes se renforcent mutuellement, que de ne faire que de l’aide à domicile stricto sensu.

La question devient donc de savoir s’il y a de l’avenir pour les structures locales uniquement spécialisées dans l’aide à domicile. Et pour y répondre, il faut réfléchir au mode de financement du secteur. Si l’on s’achemine vers un véritable financement de l’activité à son coût réel comme le veut la législation dans les secteurs sociaux et médico-sociaux, alors l’activité d’aide à domicile sera viable en tant que telle. Si l’on reste dans une forme de sous-financement, la seule façon de rendre viable l’activité est d’en augmenter la part marchande facturée à l’utilisateur du service tout en la diversifiant au sein d’un groupe multi-activités.

Mais même dans ce cas de figure, l’équilibre reste précaire, en plus d’être inégalitaire avec des niveaux de financement forts différents d’un département à l’autre, et donc rien ne garantit à terme la pérennité d’une activité professionnelle, de qualité et accessible à tous. Dans ces conditions, l’intérêt des grands groupes pour l’aide à domicile est certes un moyen de solidifier l’activité, mais il ne peut être la solution au sous-financement et aux impensés sociétaux du secteur.

Enfin, ce ne sont là que quelques éléments de réflexion qui ont vocation à animer ce débat qui passionne tous les professionnels du domicile. Qu’ils soient rassurés, ces réflexions vont se prolonger dans un hors-série papier du Journal du domicile à paraitre dans quelques semaines avec toute une série de dirigeants qui donneront également leur point de vue dans un numéro qui présentera plus généralement les grands chiffres du secteur, les problématiques clés et les technologies les plus porteuses. Tous ces sujets seront aussi largement débattus avec vous, chers lecteurs, à nos assises nationales de l’aide à domicile des 27 et 28 septembre prochains à Paris. Save the date

 


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